en voyage lemondeadeuxpas Pérou

Petit récit d’une grande aventure

Coucou!

Ca y est, j’ai fini ma nuit et j’ai meme enchaine avec une sieste, je suis donc fraiche et dispo ;-) pour vous livrer mes impressions de ces trois dernieres semaines pendant qu’Oliv charge les photos pour vous montrer les merveilles qu’on a pu voir.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce volontariat a ete riche en emotions et en experiences humaines. Ce qu’on retiendra avant tout, c’est la gentillesse et l’accueil chaleureux des villageois de Huaynacotas. Pour ne citer qu’un exemple: a notre retour de la balade a cheval, nous etions assez groggy, les jambes et les pieds en compote. Alors Theresa, notre hote des dix derniers jours, nous a amene une bassine d’eau chaude avec du sel pour raviver la circulation du sang et elle nous a carrement lave les pieds avec un naturel deconcertant alors qu’on venait quand meme de passer trois jours et deux nuits dans des chaussettes fumantes !
Tout le monde nous a consideres comme des membres de leur famille et alors qu’ils n’ont vraiment pas grand chose, ils partagent tout. Ils ont essaye de nous faire plaisir au maximum en cuisinant des plats typiques mais tout en faisant attention a nos petits estomacs d’europeens (pas toujours reussi LOL ). Quand on etait malade, ils nous ont soigne a coup de mate fait a base de plantes medicinales (anis, oregon ou autres) qu’ils cueillent dans les hauteurs des Andes. Ces gens savent tout faire!
La vie ici commence avec le lever du soleil, c.a.d. vers 4h30 du mat! Ils labourent leurs terres, construisent leurs maisons, fabriquent tous leurs vetements, napes, couvertures etc. Pour travailler leurs chacras, ils montent parfois pendant des heures en montagne. Les cultures se composent surtout de maïs, riz, quinua (ca ressemble un peu a de l’epinard), du ble et des papas (petites patates douces). Puis ils ont tout un tas de bêtes qui completent leur alimentation (cochons, lamas, poules, cuyes, moutons et chevres). Ils n’ont pas d’etables, les animaux se baladent au milieu de la cour et de la cuisine. Pour aller aux latrines, il faut parfois enjamber les moutons, pousser un cheval et chasser les poules :-D 😀

Comme tout le monde a ses champs et arrive a peu pres a en vivre, il n’y a quasiment pas de commerce. Ils n’ont donc aucun revenu a cote de ce que leur apporte leur chacras. Du coup, ils n’ont pas d’argent pour s’acheter par exemple des outils, parfois leurs maisons reste inachevees pendant des mois parce qu’ils manquent de materiel.
C’est la qu’intervient l’assoc’ AEDES (assoc’ pour la promotion du developpement durable) qui organise entre autre depuis environ 4 ans l’accueil de volontaires francais et espagnols dans la region pour que les villageois aient un revenu supplementaire et pour que les touristes en echange se rendent utiles.
A chaque fois que des touristes viennent les voir, ils sont supercontents et bizarrement ce sont les vieux qui sont le plus ouverts.
Nous, on est tombe a un moment où se passait la fete la plus importante du village, l’anniversaire de la creation politique du village et de ses annexes, on en a bien profite :-D voir photos). La semaine d’apres ont eu lieu les elections municipales aves 6 candidats pour env. 400/500 habitants. Ces elections etaient ultraimportantes pour eux car toutes les decisions concretes se passent au niveau municipal.
Le vote est obligatoire au Perou (sinon ils prennent une amende de 100 soles = 25 euros, ce qui est enorme pour eux). Du coup, certains habitants des villages en altitude doivent se taper jusqu’a 14 heures de marche pour se rendre au bureau de vote!!! ;-( .
Donc tous les preparatifs de la fete et du vote (et les beuveries qui s’en suivaient ;-) )en plus de leurs taches quotidiennes, ont fait qe les gens etaient assez occupes. De plus il y a des querelles de pouvoir au sein de AEDES. L’actuel president au niveau de Huaynacotas boude dans son coin (on ne l’a meme pas apercu), du coup l’organisation de notre volontariat etait un peu chaotique et c’est pourquoi on a pas mal ete livres a nous meme et qu’on ne s’est pas sentis tres utile.
Mais tu as raison, Marie, l’abris et les petites taches qu’on devait effectuer etaient surtout des pretextes pour rencontrer les locaux et voir de pres leur facon de vivre. On a pas mal joue avec les enfants, ils sont super curieux et veulent tout savoir sur la France et notre facon de vivre. On leur a appris quelques chansons et jeux, ils etaient tout ravis.

Le plus dur a ete de se faire a leur conception du temps. Souvent ils nous donnaient un RV puis se pointaient deux/trois heures apres, voire pas du tout. Et c’etait donc remis a mañana (version peruvienne du quart d’heure toulousain :-D ). On a aussi appris a apprecier leur “ahorita” (tout de suite), qui en fait veut dire dans au moins une heure, a leur juste valeur ;-) .
Ils n’ont pas de montre, ou alors ils ont une petite horloge chez eux qui s’est arretee depuis longemps et ils n’ont pas l’argent pour racheter des piles. Ils font en fonction du soleil et de leur taches a effectuer.
Le bus a des heures assez flexibles (vous l’aurez compris ;-) ) et en fait il klaxonne lors de son passage dans les differents villages. Faut juste tendre l’oreille et courrir lorsqu’on l’entend ;-( (nous l’avons compris il y a quelques jours seulement ;-) ).
D’ailleurs les trajets en bus sont tout un poème: c’est le seul moyen de locomotion, donc les gens en profitent pour faire leurs quelques courses dans les villages un peu plus grands. Il y a un gars dans chaque bus dont le boulot est de monter les paquets sur le toit et d’entasser les gens dans le combi. Quand il n’y a plus de place, il y en a encore et les gens montent carrement sur le toit ou le chauffeur laisse la porte du bus ouverte pour que des passagers supplementaires puissent s’y accrocher! Un petit eboulement de pierres qui barre la route? Pas de probleme, tout le monde descend et attrape une pelle (prevues dans le bus) pour mettre la main a la pâte. Et le top du top, c’est une cassette de musique peruvienne (toujours la meme) a fond la caisse. On vous ramenera un echantillon, ca vaut le detour!

Malgre quelques coups de blues, on a tenu le coup jusqu’au bout et ca a vraiment valu la peine puisque ca nous a entre autre permis de faire la fameuse balade a cheval les derniers jours. Les paysages etaient epoustouflants. On est passe de paysages lunaires voire martiens (bosque de piedras sur photos) a des steppes et etendues de cactus puis des lagunes peuplees de flaments roses et petites vallees paradisiaques. On a aussi pu admirer la Puya Reimonda, un palmier qui fait des fleurs jaunes de plusieurs metres de haut tous les cinquante ans. La derniere floraison etait en 2001, dommage :( . Mais ils sont quand meme impressionants.

Ca a ete dur par moments, surtout que mon cheval (qu’on a appele “Alfredo le pedo” parce qu’il n’avait pas de nom et qui n’arretait pas de peter en montee:-D ) par moment n’en faisait qu’a sa tete ;-( et nos petits posterieurs ont bien souffert. Mais franchement c’etait genial. Nos deux guides, Robert et Silos, se sont superbien occupes de nous. Quand on etait essoufles au bout de deux minutes de marche a 5000 metres d’altitude, ils ont bien ri. Eux nous ont accompagnes a pied ;-( en petites sandales et avec seulement un gros pull ou pancho sur les epaules! Trois jours de marche en montee et descente raides, c’est de la rigolade pour eux.
Vers 16/17h, juste avant la tombee de la nuit, on s’abritait dans une petite hacienda ou un refuge a ciel ouvert. Nous, on tombait de fatigue. Eux, se picolaient un peu de chicha (alcool de maïs assez degueu) puis nous preparaient le repas et le couchage pour la nuit. Quand on voyait des canards sauvages ou des biscachas (sorte de lievres), Silos les visaient a coup de lance-pierres et ne les ratait que de tres peu! Impressionant, ces peruviens!

Pour notre dernier jour, juste avant d’attaquer le repas qu’on avait tous prepare ensemble, ils nous ont meme fait un petit discours pour nous remercier de notre presence et de notre aide. On est reste tout penaud parce que c’est eux qui ont fait tout le boulot et qui nous ont enormement donne. On etait venu avec l’idee de les aider un peu d’apporter notre petite pierre a leur “progres” (idee au final un peu ethnocentriste) surtout qu’en trois semaines on ne refait pas le monde. Il faudrait des mois et des annees pour etudier leurs traditions, facon de vivre et avoir des competences bien specifiques en agronomie, ingenierie d’eau etc. pour vraiment leur etre utile: du coup on revient de ce volontariat plus humbles, avec plein de belles images dans nos tetes et une bonne lecon de vie. On est vraiment contents d’avoir passe ces trois semaines authentiques en dehors des sentiers battus et de ne pas avoir suivi une horde de touristes sur un circuit premache.

De retour a Arequipa, on digere toutes nos nouvelles impressions et emotions. Au debout, on ne voulait qu’y passer le temps de se reposer. Mais au final, on va faire comme Mayta Capac, un Inca qui, au temps ou Arequipa n’existait pas encore, etait venu avec ces soldats se reposer le temps d’une nuit sur ces terres encore sauvages au pied du volcan Misti. Le lendemain, lorsqu’il voulait continuer sa route, ses hommes lui ont demande de rester car les terres etaient fertiles et agreables. Alors il dit “Ari quepay” (“Alors nous restons”) . Nous allons aussi rester un ou deux jours de plus pour explorer les richesses des alentours avant de mettre les voiles pour de nouvelles aventures a Cuzco.

Gros, gros bisous a tous, on pense tres fort a vous!

Messages perso:
Maman, Zaza, Sylvie et Herve, vous avez bien recu notre carte postale?
Les autres, ne soyez pas jaloux, on s’y attele ;-)
Bonne fete, Meme!

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